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Le dollar à son niveau le plus haut en un an grâce à l’accord de paix, Kevin Warsh maintient les taux

Les marchés des actions mondiales ont augmenté et le prix du pétrole a dégringolé. Les marchés étant focalisés sur l’accord de paix entre les États-Unis et l’Iran, le marché des changes est passé au second plan. Toutefois, le billet vert a atteint son plus haut niveau depuis un an, suite à la décision de Kevin…

Convera Weekly FX Report

Les marchés des actions mondiales ont augmenté et le prix du pétrole a dégringolé. Les marchés étant focalisés sur l’accord de paix entre les États-Unis et l’Iran, le marché des changes est passé au second plan.

Annoncé le 14 juin, jour des 80 ans de Donald Trump, l’accord a en grande partie été mis en œuvre en début de semaine. Le protocole d’accord a été signé par voie électronique en milieu de semaine. La cérémonie de signature, prévue vendredi à Genève, a finalement été annulée.

Kevin Warsh, le nouveau président de la Fed, a tenu sa première réunion à ce poste cette semaine. Il a laissé les taux inchangés (3,5-3,75 %). Cependant, le point à retenir était le communiqué, considérablement plus court que les précédents. Ce changement est révélateur du scepticisme tenace de Kevin Warsh vis-à-vis des prévisions trop axées vers le long terme. Les marchés se préparent déjà à ce que la manière dont la Fed communique change.

La Banque du Japon a augmenté son taux directeur (de 0,25 à 1 %) à l’issue d’un vote de 7 contre 1. Ce taux est à son niveau le plus niveau depuis 1995. Cette décision marque un abandon marqué de la politique monétaire particulièrement accommodante, alors que les pressions sur les prix persistent et que les coûts énergétiques restent élevés suite aux récentes tensions au Moyen-Orient. Le yen s’est affaibli : la paire USD/JPY continue de grimper au-delà de la barre des 160,00.

La Banque d’Angleterre a maintenu hier ses taux inchangés à 3,75 %. Le vote s’est soldé par un résultat de 7 voix contre 2, Megan Greene et Huw Pill ayant voté en faveur d’une hausse, conformément aux prévisions. La livre sterling a reculé.

 La RBA a maintenu son taux directeur à 4,35 % à l’issue d’une décision prise à l’unanimité. Le ton du compte-rendu était cependant ferme, ce qui suggère que les décisionnaires pourraient toujours augmenter les taux si cela s’avérait nécessaire.

Macro mondiale

La Banque du Japon relève ses taux, la posture belliciste globale se maintient.

La posture belliciste se maintient. Cette semaine a été marquée par les nombreuses décisions des banques centrales. Comme prévu, la Fed a maintenu ses taux à 3,50-3,75 %. Cependant, elle n’affiche désormais plus de biais accommodant, et son ton devient plus belliciste. Parallèlement, la RBA a maintenu son taux à 4,35 %, la Riksbank à 1,75 %, la BNS à 0,00 %, la Norges Bank à 4,25 % et la BoE à 3,75 %, conformément aux attentes. Toutes n’adoptent cependant pas le même ton : la Fed, la RBA, la Riksbank, la Banque de Norvège et la Banque d’Angleterre ont toutes laissé la porte ouverte à un resserrement ultérieur de leur politique monétaire si l’inflation persiste. Seule exception : la BNS, qui reste accommodante.

La Banque du Japon augmente ses taux. La Banque du Japon a relevé ses taux de 0,75 % à 1,00 %, conformément aux prévisions, portant ainsi sa politique monétaire à son plus haut niveau depuis 1995. La BoJ a mis en garde contre le risque d’un dépassement de l’objectif d’inflation et a laissé entendre que de nouveaux resserrements restaient possibles, ce qui en fait la seule banque centrale parmi les principales à avoir relevé ses taux cette semaine.

Bons chiffres américains. Aux États-Unis, la vente au détail a augmenté de 0,9 % en glissement annuel (contre 0,4 % prévus), tandis que les ventes hors automobiles ont grimpé de 0,8 % (contre 0,3 % prévus), une forte hausse qui renforce l’idée que la consommation américaine se maintient. La production industrielle a été plus faible que prévu (0,1 % contre 0,2 % prévu), mais le taux d’utilisation des capacités s’est établi à 76,2 % comme prévu. Autrement dit, le signal de croissance a été plus faible en marge. Par ailleurs, parmi les données économiques américaines, l’indice Empire State a reculé à 5,7, contre une prévision de 13,2, ce qui rappelle que l’activité manufacturière régionale semble toujours plus inégale que la demande des consommateurs.

La Chine recule. En Chine, les ventes au détail du mois de mai ont reculé de 0,6 % en glissement annuel, contre une prévision de 0,0 %, ce qui représente un net recul de la consommation et la première baisse annuelle depuis décembre 2022. Seule la production industrielle a compensé cette baisse, avec une hausse de 4,5 % en glissement annuel contre une prévision de 4,3 %. Le message général reste donc inchangé : La Chine reste une économie à deux vitesses, caractérisée par une demande intérieure atone et une production industrielle plus soutenue.

Perspectives sur le marché des changes

À l’issue de la première réunion de Kevin Warsh, la Fed adopte une posture belliciste

USD : le dollar s’affirme grâce à la posture belliciste de la Fed, qui contraste avec l’apaisement des tensions géopolitiques. Le dollar s’est fortement apprécié en fin de semaine, alors que les États-Unis et l’Iran ont conclu un accord visant à mettre fin au conflit et à rouvrir le détroit d’Ormuz. Cette augmentation s’explique en grande partie par la posture belliciste de la Fed. La moitié des membres du FOMC envisagent désormais au moins une hausse des taux cette année. L’indice du dollar a repassé la barre des 100 et a franchi le seuil de résistance à 100,70. La baisse des prix du pétrole, lesquels flirtent avec leurs plus bas niveaux depuis mars, n’a pas eu d’impact considérable sur le dollar. Dans l’ensemble, le bilan des risques reste asymétrique, compte tenu du temps dont les investisseurs ont déjà disposé pour intégrer dans leurs cours la perspective d’un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran. Côté Fed, une solide dynamique macroéconomique laisse présager une posture plus belliciste. Malgré tout, les marchés attendaient une confirmation du nouveau président de la Fed Kevin Warsh, dans un contexte de préoccupations persistantes quant à sa sensibilité aux pressions politiques en faveur d’une baisse des taux sous la présidence de Donald Trump. À partir de là, la marge de hausse significative du dollar semble limitée. La poursuite de l’apaisement de la situation devrait prolonger la baisse des cours du pétrole et, par conséquent, freiner le renforcement du dollar.

EUR : Proche de son plus bas niveau en un an. La paire EUR/USD a subi des pressions cette semaine à la suite de la position belliciste adoptée par la Fed. La paire s’était redressée vers 1,16 après avoir chuté vers la zone des 1,15 grâce à un rapport sur l’emploi très positif publié il y a quelques semaines. Cependant, lors la dernière réunion de politique monétaire, la Fed a renforcé sa posture belliciste, ce qui a fait reculer la paire vers ses récents niveaux les plus bas. Ces évolutions mettent en évidence le regain d’influence des écarts de taux sur les marchés des changes, après une période durant laquelle la situation géopolitique avait été le principal facteur déterminant. Nous estimons qu’un rebond partiel des pertes enregistrées cette semaine est envisageable, dans la mesure où la dynamique d’apaisement pèse sur le dollar. Toutefois, les marchés ayant largement intégré les récents événements géopolitiques et se concentrant désormais sur la réouverture du détroit d’Ormuz, parallèlement à une position restrictive plus convaincante de la Fed, étayée par des données, nous ne prévoyons pas encore de retour durable au-dessus de 1,16.

GBP : La Banque d’Angleterre anticipe toujours une hausse de l’inflation. Lors de sa réunion de juin, la Banque d’Angleterre a maintenu ses taux directeurs inchangés et a reconnu que l’inflation avait ralenti à 2,8 % en mai, mais elle table toujours sur une reprise plus tard dans l’année, adoucissant légèrement son ton concernant les pressions persistantes sur les prix tout en continuant d’exprimer ses inquiétudes. Cela ne signifie pas pour autant qu’elle doive interpréter les chiffres décevants de mai comme un revirement décisif vers une politique accommodante, même si le ton adopté concernant les prévisions s’est légèrement adouci. L’inflation devrait désormais s’établir à un peu moins de 3 % au troisième trimestre et à un peu plus de 3,25 % au quatrième trimestre, un niveau supérieur à l’objectif, mais inférieur aux craintes exprimées en avril. Sur le plan politique, la livre sterling doit désormais faire face à un nouveau risque interne depuis qu’Andy Burnham a remporté l’élection partielle de Makerfield, ce qui lui a permis d’entrer au Parlement et pourrait déboucher sur une contestation de la direction du Parti travailliste par le Premier ministre Keir Starmer. La paire GBP/USD a reculé d’environ 1,7 % au cours de la semaine, sous l’effet de la vigueur générale du dollar. Le sentiment de risque s’est encore affaibli après le report des négociations entre les États-Unis et l’Iran, ce qui a accentué la pression à la baisse sur la paire GBP/USD en raison du raffermissement du dollar. La paire doit franchir à la hausse la moyenne mobile exponentielle (EMA) à 21 jours (1,3372) pour retrouver de la vigueur, la moyenne mobile exponentielle (EMA) à 50 jours (1,3416) constituant le prochain obstacle. Sans cela, les reprises risquent de s’essouffler rapidement. En revanche, le niveau de 1,3100 reste un support clé et une cassure de ce niveau pourrait entraîner des pertes plus importantes. Les prochains indices PMI seront déterminants pour l’orientation à court terme.

CHF : La paire USD/CHF atteint son plus haut niveau depuis sept mois alors que la BNS maintient une politique accommodante. La BNS a maintenu une attitude prudente. Les taux sont restés inchangés, l’inflation restant modérée, ce qui contraste avec les signaux plus fermes observés ailleurs. Cet écart politique économique continue de peser sur le franc. Le franc reste une devise attractive pour les investissements, ce qui soutient la demande sur la paire USD/CHF. La paire USD/CHF a progressé d’environ 1,6 % au cours de la semaine du 15 juin et s’échange désormais à son plus haut niveau depuis sept mois. La dynamique reste positive tant que la paire se maintient au-dessus de la moyenne mobile exponentielle (EMA) à 21 jours (0,7947). Un franchissement de la barre des 0,8100 permettrait aux gains de se prolonger davantage. En cas de repli, le niveau de soutien se situe au niveau de la moyenne mobile exponentielle (EMA) à 21 jours (0,7947), suivie de celle à 50 jours (0,7902) et de celle à 100 jours (0,7891). Les conditions restant favorables au dollar, la paire USD/CHF pourrait rester sous pression à l’approche de la publication des données ZEW et des dernières informations de la BNS.