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De l’action sans aucune traction

Le ralentissement de l’inflation aux États-Unis a apaisé les inquiétudes immédiates des marchés. Toutefois, la hausse des cours du pétrole et l’intensification des tensions entre les États-Unis et l’Iran incitent les investisseurs à la prudence. Avec une croissance qui se maintient et une faible volatilité, les marchés restent enlisés dans un contexte de « taux…

Convera Weekly FX Report
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Written by: Steven DooleyAntonio RuggieroKevin FordGeorge VesseyShier Lee Lim
The Market Insights Team

Enjeux liés au détroit d’Ormuz. Le détroit d’Ormuz continue d’être sous les projecteurs, alors que l’intensification des mesures américaines à l’encontre de l’Iran accroît le risque d’une nouvelle perturbation des flux énergétiques mondiaux, ce qui vient encore ébranler un contexte géopolitique déjà fragile.

Flambée du pétrole. Le Brent s’apprête à enregistrer sa plus forte hausse hebdomadaire (> 10 %) depuis avril, le cours de référence s’établissant juste en dessous de 85 dollars le baril.

L’inflation globale se stabilise, mais les chiffres sous-jacents sont en effervescence. Si les chiffres plus modérés de l’IPC américain ont apporté un certain soulagement, la hausse des prix de l’énergie et les risques à la hausse pesant sur certaines composantes de l’IPP liées à l’indice PCE de base laissent penser que les investisseurs s’avancent peut-être un peu trop en tablant sur un contexte d’inflation modérée.

Pas de répit pour les obligations. Les taux mondiaux devraient rester élevés, car les perturbations de l’offre liées à la guerre accentuent le risque d’une montée des pressions inflationnistes et poussent les principales banques centrales à maintenir leur orientation belliciste, voire à la renforcer.

L’optimisme cède sa place à une tendance baissière. La chute de l’indice boursier sud-coréen met à l’épreuve la confiance dans la reprise liée à l’IA, alors que la faiblesse persistante des valeurs du secteur des semi-conducteurs menace de saper l’un des principaux arguments haussiers du marché.

Le portage se distingue. Bien que l’aversion au risque limite les gains, la faible volatilité des devises et la divergence persistante des politiques monétaires constituent un terrain propice aux opérations de « carry », ce qui devrait soutenir à court terme les devises à haut rendement telles que la livre sterling, le dollar australien, la couronne norvégienne et le dollar néo-zélandais.

Faible conviction. Dans l’ensemble, au-delà des gros titres, les marchés restent enlisés dans un équilibre caractérisé par des taux élevés sur le long terme, la faible volatilité reflétant davantage l’indécision que la confiance.

Chart: Carry on regardless: in yield we trust

Macro mondiale

L’inflation ralentit, mais la croissance ne faiblit pas

Soulagement concernant l’IPC américain. L’IPC américain a connu un ralentissement plus marqué que prévu, l’IPC global s’établissant à -0,4 % en glissement mensuel (contre environ -0,2 % prévu), et à 3,5 % en glissement annuel (contre 3,8 % prévu), grâce à une forte baisse des prix de l’énergie. L’IPC sous-jacent s’est également révélé plus modéré, s’établissant à un niveau inchangé en glissement mensuel contre une prévision de +0,2 %, et à 2,6 % en glissement annuel contre une prévision de 2,9 %, ce qui a donné aux marchés le signal de désinflation le plus clair depuis des semaines.

Confirmation de l’IPP. Les prix à la production ont confirmé le ralentissement de l’inflation, l’indice des prix à la production (IPP) en termes de demande finale s’établissant à -0,3 % en glissement mensuel, contre -0,1 % prévu, et à 5,5 % en glissement annuel, contre 6,2 % prévu. La baisse a été tirée par les biens et l’énergie, mais l’indice de base, hors alimentation, énergie et services liés au commerce, a tout de même progressé de 0,1 % en glissement mensuel et de 5,1 % en glissement annuel ; la pression sur la chaîne d’approvisionnement s’est donc atténuée, sans pour autant disparaître.

L’activité américaine se maintient. Les ventes au détail aux États-Unis n’ont progressé que de 0,2 % en glissement mensuel, conformément aux prévisions. Cependant, la baisse des recettes liées à l’essence a pesé sur le chiffre global, tandis que la dynamique sous-jacente semblait plus favorable. Le nombre de demandes d’allocations chômage a reculé à 208 000, contre 217 000 attendus, son plus bas niveau depuis plus de deux mois, tandis que l’indice de la Fed de Philadelphie a bondi à 41,4, contre 13 attendus, son plus haut niveau depuis fin 2021.

Des chiffres décevants en provenance de Chine. Au deuxième trimestre, la croissance du PIB chinois a ralenti à 4,3 % en glissement annuel, contre 4,5 % attendus, manquant ainsi les prévisions et mettant en évidence la faiblesse de la demande intérieure. Les ventes au détail du mois de juin ont progressé de 1,0 % en glissement annuel, contre une prévision de -0,1 %, et la production industrielle a augmenté de 5,3 %, contre une prévision de 4,7 %. Le bilan global reste néanmoins mitigé : le secteur industriel et les exportations résistent mieux que les ménages et l’investissement.

Bons chiffres en provenance du Canada. Comme prévu, la Banque du Canada a maintenu ses taux à 2,25 %, et le ton de ses déclarations s’est adouci, ses responsables ayant indiqué que la croissance s’accélère et que l’inflation devrait s’atténuer après la forte hausse récente. Le Canada a également publié des chiffres plus solides concernant l’industrie manufacturière, les ventes dans ce secteur ayant progressé de 1,3 % en glissement mensuel, contre une prévision de 1,1 %, pour atteindre le niveau record de 78,1 milliards de dollars canadiens en mai.

Chart: US data keeps beating despite cooler inflation

Perspectives sur le marché des changes

Une agende politique chargé en perspective, sans orientation précise

USD Perte d’élan, mais pas de support. L’indice du dollar a perdu un peu de son élan haussier après être passé sous sa moyenne mobile à 21 jours, proche de 101,00, une évolution due à des chiffres d’inflation inférieurs aux prévisions. Cela étant, les perspectives à court terme restent globalement favorables au billet vert. Même si la récente recrudescence des tensions géopolitiques n’a pas encore suscité de demande significative d’actifs refuges, elle devrait renforcer la tendance de la Fed à resserrer sa politique monétaire. De plus, même dans le cadre d’un cycle de resserrement coordonné, le dollar a tendance à bénéficier d’un soutien disproportionné en raison de son rôle de principale devise de financement au niveau mondial, les conditions de liquidité plus strictes stimulant généralement la demande de financement en dollars américains. À plus long terme, des risques de détérioration subsistent si la désescalade reprend de l’élan, ouvrant la voie à un nouveau réajustement accommodant des perspectives politiques de la Fed. Parallèlement, les responsables de la Fed étant en période de « blackout » avant la réunion de politique monétaire du 29 juillet, le dollar devrait se stabiliser dans une fourchette comprise entre 100,00 et 101,00, même si les risques restent orientés à la hausse en cas de nouvelle escalade du conflit entre les États-Unis et l’Iran.

EUR Stagne autour des 1,14. La paire EUR/USD a évolué sans véritable tendance pendant la majeure partie du mois de juillet. La paire s’est progressivement redressée depuis son plus bas niveau depuis un an, à 1,1325, atteint le 24 juin, même si cette remontée s’explique davantage par le manque de vigueur de ses deux principaux facteurs baissiers que par une quelconque dynamique haussière intrinsèque de l’euro. La politique monétaire restrictive de la Fed et les risques géopolitiques restent les principaux facteurs pesant sur la monnaie unique. Le premier est tiraillé entre des chiffres d’inflation plus faibles que prévu et la résurgence de tensions géopolitiques qui assombrissent les perspectives de désinflation. Le second a pris de l’ampleur cette semaine, mais n’a pour l’instant pas réussi à déclencher une aversion au risque généralisée sur l’ensemble des marchés. Le dollar a donc eu du mal à bénéficier d’un soutien significatif en tant que valeur refuge. À moins d’une intensification prolongée de la situation géopolitique, la paire EUR/USD devrait continuer à osciller autour du seuil des 1,14 à l’approche des réunions des banques centrales prévues en fin de mois.

Chart: EUR/USD pulled between rate spreads and geopolitics

GBP En forme. La livre sterling a connu une nouvelle semaine globalement favorable, soutenue par la demande liée aux opérations de carry trade, la baisse des primes de risque politique et un contexte de volatilité modérée. La paire GBP/USD a rebondi pour atteindre son plus haut niveau depuis la mi-mai, enregistrant sa troisième plus forte hausse journalière de l’année 2026, alors que la publication de données moins favorables sur le marché du travail américain a pesé sur le dollar et que l’optimisme concernant la composition d’un futur gouvernement dirigé par Andy Burnham a soutenu les actifs britanniques. La paire GBP/EUR a également poursuivi sa récente remontée, franchissant la barre des 1,18 pour atteindre un nouveau plus haut depuis un an avant de reculer légèrement. Les indicateurs de momentum sont entrés en zone de surachat et les écarts de taux à court terme ne justifient plus pleinement les niveaux actuels, ce qui laisse penser que la hausse face à l’euro est devenue excessive. Malgré tout, la dynamique des opérations de carry trade reste favorable dans un contexte de faible volatilité, l’euro, le yen et le franc suisse étant de plus en plus utilisés comme devises de financement face à la livre sterling, qui offre des rendements plus élevés. Dans ce contexte, la paire GBP/JPY a atteint son plus haut niveau depuis 2008, tandis que la paire GBP/CHF a atteint son plus haut niveau depuis un an. À l’avenir, l’attention se portera sur les données relatives au marché du travail britannique, l’inflation, les ventes au détail et les indices PMI préliminaires. Ces publications permettront de déterminer si la politique de taux actuelle de la Banque d’Angleterre reste justifiée et si la livre sterling peut conserver l’avantage de taux qui a largement contribué à sa surperformance récente. Les marchés suivront également de près les premiers jours du mandat d’Andy Burnham, les nominations au sein du gouvernement étant susceptibles d’influencer la confiance des investisseurs dans la trajectoire budgétaire du Royaume-Uni.

CHF Bailleur privilégié. Une tendance observée en 2026 se poursuit : malgré une incertitude géopolitique persistante et une demande ponctuelle de valeurs refuges, le franc suisse (CHF) peine à attirer des flux d’investissements durables, la volatilité exceptionnellement faible des marchés des changes continuant de favoriser les stratégies de carry. La volatilité étant modérée sur les principales paires de devises, les investisseurs n’hésitent de plus en plus à emprunter dans des devises à faible rendement pour financer des positions plus rémunératrices ailleurs. Dans ce contexte, le franc s’est imposé comme une devise de financement attractive aux côtés du yen, ce qui a généré une pression à la vente persistante. Cette dynamique vient renforcer le discours général du franc suisse. Les fondamentaux nationaux restent favorables, la croissance résiliente, le raffermissement de l’inflation et l’atténuation des anticipations de taux négatifs constituant un soutien sous-jacent. Toutefois, le fait que la BNS ne cesse de réaffirmer sa volonté d’intervenir continue de dissuader les achats massifs de francs suisses, même lors des phases d’aversion au risque.