Détente dans le détroit. L’Iran et Oman se sont accordés sur un projet de corridor maritime à travers le détroit d’Ormuz, nourrissant l’espoir d’une réouverture partielle de cette artère essentielle pour le commerce énergétique mondial. De quoi atténuer, au moins à court terme, les craintes sur l’approvisionnement pétrolier.
La réalité brute du pétrole. Les prix du pétrole ont chuté de près de 12 % cette semaine, mais demeurent à des niveaux suffisamment élevés pour entretenir les craintes de voir apparaître une inflation secondaire.
Les PMI donnent le ton. Les signaux de reprise de l’activité mondiale se multiplient, offrant aux décideurs politiques des arguments pour maintenir une posture belliciste. Les marchés continuent ainsi d’anticiper de nouvelles hausses de taux.
Le choc de l’emploi. Les créations d’emplois aux États-Unis se sont révélées nettement inférieures aux estimations, avec une baisse de 23 000 emplois en juillet, tandis que les chiffres de juin et mai ont été révisés à la baisse. De quoi atténuer les anticipations de resserrement de la Fed.
Le retour de l’appétit pour le risque. Des résultats d’entreprises solides et l’atténuation des attentes de durcissement monétaire soutiennent les marchés des actions. Le S&P 500 a atteint de nouveaux sommets historiques, tandis que l’indice de volatilité VIX évolue près de ses plus bas niveaux de 2026.
Les puces sous surveillance. Le repli des valeurs des semi-conducteurs a ravivé les interrogations sur les niveaux de valorisation atteints par certains acteurs de l’intelligence artificielle, après l’enthousiasme observé ces dernières semaines.
Le Rhin sous pression. Les niveaux exceptionnellement bas du Rhin compliquent le transport de marchandises sur l’un des principaux axes commerciaux du continent, illustrant la montée des risques climatiques pour les chaînes d’approvisionnement.
Le dollar face au dilemme. Les marchés des changes semblent déjà avoir largement intégré une amélioration des relations entre Washington et Téhéran, limitant le potentiel de baisse supplémentaire du billet vert. En revanche, un nouveau rapport décevant sur l’emploi aux États-Unis pourrait accélérer son recul.
Macroéconomie mondiale
La croissance mondiale reprend de façon inégale
Les PMI américains repartent à la hausse. L’indice ISM manufacturier a progressé à 55,6, contre 54,0 attendu, son plus haut niveau depuis mai 2022. L’ISM des services est, lui, resté en zone d’expansion à 54,1, légèrement sous les 54,5 anticipés. Le détail des enquêtes est toutefois plus contrasté : l’emploi manufacturier s’est redressé, tandis que celui des services est repassé en territoire de contraction. Les composantes prix restent par ailleurs élevées dans les deux enquêtes.
Les indices PMI mondiaux rebondissent. Les indices PMI composites se sont améliorés en juillet dans la plupart des grandes économies. Les États-Unis, l’Australie, le Japon et le Royaume-Uni restent en zone d’expansion, tandis que l’Allemagne y fait son retour. Le Canada et la France se redressent également, mais demeurent sous le seuil de 50. Le tableau d’ensemble est donc celui d’une activité qui s’améliore, mais de manière encore très inégale selon les régions.
La Chine reste à la traîne. L’indice PMI composite du secteur privé chinois a ralenti de 53,6 à 50,8, signe que le redressement de l’activité mondiale reste loin d’être synchronisé. Cette nette décélération maintient la Chine en position de point faible parmi les grandes économies, à rebours de l’amélioration observée aux États-Unis, au Japon et en Europe.
Un marché de l’emploi américain décevant. Les chiffres de l’emploi ont nettement déçu en juillet : l’emploi non agricole a reculé de 23 000 postes, alors que le consensus tablait sur 80 000 créations. Les chiffres de mai et juin ont en outre été révisés à la baisse de 103 000 emplois au total. Le taux de chômage est certes revenu de 4,2 % à 4,1 %, mais cette amélioration s’est accompagnée d’un nouveau recul du taux de participation, à 61,4 %. Le taux de chômage est donc moins rassurant qu’il n’y paraît à première vue.
Perspectives sur le marché des changes
Le calme après la tempête
USD Le dollar s’affaiblit après le rapport sur l’emploi. Le billet vert recule après la publication de chiffres de l’emploi nettement inférieurs aux attentes en juillet, qui a conduit les marchés à revoir à la baisse leurs anticipations de hausse des taux de la Fed. Les créations d’emplois ont diminué de 23 000 par rapport aux prévisions qui tablaient sur une hausse de 80 000, tandis que les chiffres de mai et juin ont été révisés à la baisse de 103 000 emplois au total. L’apaisement des tensions dans le Golfe avait déjà réduit la demande de valeurs refuges, favorisé le repli du pétrole après les niveaux atteints pendant la phase de stress et amélioré l’appétit pour le risque. Par ailleurs, l’intervention des autorités japonaises sur le yen avait laissé le dollar vulnérable sur la paire USD/JPY. La publication du jour apporte désormais un argument macroéconomique plus solide en faveur d’un dollar moins bien orienté. Le soutien procuré par les anticipations de taux à court terme s’est en effet affaibli, les marchés jugeant désormais moins probable un resserrement de la Fed dès septembre. À court terme, le niveau des 200 jours, autour de 99,1, constitue le prochain support à surveiller si le mouvement baissier se prolonge. Le dollar entre ainsi dans une phase de faiblesse : moins soutenu par son statut de valeur refuge, toujours pénalisé par les suites de l’intervention sur le yen et désormais confronté à un marché du travail qui remet en question le scénario de taux durablement élevés. Le prochain test viendra de l’inflation, avec la publication du CPI de juillet mercredi, puis du PPI jeudi. Ces deux indicateurs permettront de déterminer si le dollar parvient à se maintenir autour de 100 ou s’il doit céder davantage de terrain.
EUR Réagit au virage du Trésor américain. L’EUR/USD s’est stabilisé au-dessus de 1,1500, à proximité de ses plus hauts niveaux depuis six semaines, après des informations selon lesquelles le Trésor américain aurait utilisé des euros plutôt que des dollars dans le cadre de son intervention sur le yen japonais. Les autorités japonaises avaient, comme c’est généralement le cas dans ce type d’opération, vendu des USD/JPY. Le dollar en a fait les frais, l’indice DXY tombant à son plus bas niveau depuis six semaines, tandis que l’euro en profitait. La monnaie unique a également bénéficié du dernier bulletin économique de la BCE, qui souligne que la volatilité des marchés de l’énergie pourrait conduire la banque centrale à relever ses taux lors de sa prochaine réunion en septembre. Selon Bloomberg, les marchés évaluent désormais à 85 % la probabilité d’une hausse de taux. Sur la semaine, l’euro a surtout progressé face au yen, qui se remet de la forte intervention ayant propulsé l’EUR/JPY à son plus bas niveau en neuf mois. L’EUR/CHF s’est également apprécié, atteignant un nouveau sommet depuis le début de l’année. À l’inverse, l’euro a moins bien résisté face à la couronne suédoise et au dollar australien. D’un point de vue technique, l’EUR/USD reste cantonné dans une fourchette, avec une résistance à 1,1600 et un premier support à 1,1350. Les prochaines données importantes seront les chiffres de l’emploi et du PIB du deuxième trimestre, attendus vendredi.
GBP La livre tiraillée par des vents contraires. Les principaux moteurs de la semaine ont été d’ordre externe. La baisse des prix du pétrole, qui se sont fortement repliés dans l’espoir d’un accord entre les États-Unis et l’Iran, a soutenu la livre sterling face aux devises liées aux matières premières, telles que la couronne norvégienne (NOK). Parallèlement, l’amélioration du sentiment de risque à l’échelle mondiale a favorisé des devises plus sensibles à la conjoncture, comme la couronne suédoise (SEK) et le dollar australien (AUD), laissant ainsi la livre sterling en retrait. Face à l’euro, la livre est restée sous pression après son rebond de juillet. La paire GBP/EUR s’est stabilisée dans le haut de la zone des 1,16 après avoir reculé depuis ses plus hauts d’un an, au-dessus de 1,18. Le resserrement des écarts de rendement entre le Royaume-Uni et la zone euro a réduit le soutien apporté à la livre par le différentiel de taux. De son côté, la paire GBP/USD est restée stable sur la semaine, malgré un contexte de dollar plus faible. Elle demeure enfermée dans la large fourchette de 1,32 à 1,35 qui caractérise l’essentiel de l’année 2026. La persistance de cette fourchette se reflète également sur les marchés d’options : la volatilité implicite continue d’évoluer sous sa moyenne de long terme, dans ce qui constitue désormais la deuxième plus longue période de ce type observée depuis dix ans. Alors que le mois d’août s’avère historiquement difficile pour la livre sterling et que les fondamentaux domestiques peinent à exercer une influence significative sur les marchés des changes, la devise britannique dépend de plus en plus de facteurs externes, notamment de l’évolution du dollar, du sentiment de risque et des prix de l’énergie.
CHF Le franc, franchement incontournable. Le franc suisse est resté sous pression cette semaine, alors que son statut de devise de financement privilégiée par le marché continue de se renforcer. Les efforts croissants du Japon pour soutenir le yen, notamment par le biais d’interventions plus importantes, incitent les investisseurs à la prudence quant à l’utilisation d’opérations de portage financées en JPY. Le CHF apparaît ainsi comme l’alternative évidente. Le contexte de volatilité vient renforcer cette tendance. Alors que la volatilité de l’USD/JPY a fortement augmenté sur fond de risques d’intervention, celle du CHF reste proche de ses niveaux historiques moyens. Pour les carry traders, la stabilité de la devise de financement est essentielle : le risque d’une appréciation soudaine du yen de plusieurs pourcents rend le franc plus attractif comme devise de financement. Parallèlement, la BNS reste l’une des banques centrales du G10 les plus accommodantes, ce qui renforce le rôle croissant du franc en tant que devise de financement privilégiée par le marché et constitue un facteur structurel défavorable à la performance du CHF. La paire EUR/CHF évolue à proximité de ses plus hauts depuis le début de l’année et autour de sa moyenne mobile à 100 semaines, ce qui souligne la sous-performance plus générale du franc. L’USD/CHF est globalement stable après avoir enregistré sa plus forte baisse hebdomadaire depuis avril. La paire reste néanmoins environ 2 % plus élevée depuis le début de l’année et continue d’évoluer au-dessus de ses principales moyennes mobiles journalières de long terme.