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Appréhender la transition Trump

L’administration Trump compte remanier les accords commerciaux et repenser les alliances clés. L’indice PMI composite de la zone euro est passé de 49,6 à 50,2. À la lumière des rapports sur le report des tarifs douaniers, le sentiment de risque prend de l’ampleur.

Foreign Exchange Weekly Market Update

Incertitude mondiale sur le plan politique. Depuis la prise de pouvoir de Donald Trump, l’incertitude entourant la politique économique mondiale s’est amplifiée en raison du caractère imprévisible de son leadership et de ses priorités changeantes. Selon les actualités, les tarifs douaniers seront implémentés de manière plus progressive qu’annoncé initialement, conformément à ce qui avait été prévu.

Politique du commerce. L’administration Trump compte remanier les accords commerciaux et repenser les alliances clés. Ses projets d’instaurer un tarif douanier de 25 % sur le Canada et le Mexique se sont traduits par une volatilité accrue du CAD et du MXN. Toutefois, les menaces moindres pesant sur la Chine ont intensifié le sentiment de risque.

Résilience face à la récession aux États-Unis. Malgré les avertissements, l’économie américaine est restée résiliente : le PIB du pays est en expansion et son marché du travail reste solide, de même que les dépenses de consommation, qui sont robustes. Toutefois, les bonnes surprises devront être excellentes.

Au contraire, en Europe, on ne s’attend pas à des miracles. Le sentiment négatif autour de l’économie de la zone euro a placé la barre très bas en matière de bonnes surprises, ce qui risque de provoquer une forte réaction du marché.

Enfin de bonnes nouvelles. L’indice PMI composite de la zone euro est passé de 49,6 à 50,2, soit plus que prévu. L’indice PMI du Royaume-Uni a quant à lui atteint 50,9, marquant ainsi deux années consécutives de croissance mensuelle de l’activité du secteur privé.

Réactions du marché. À la lumière des rapports sur le report des tarifs douaniers, le sentiment de risque prend de l’ampleur. L’indice de l’USD devrait enregistrer sa plus forte baisse hebdomadaire depuis cinq mois. L’euro et la livre sterling continuent de grimper, jusqu’à atteindre leur niveau le plus élevé depuis plusieurs semaines.

Semaine à venir. La semaine prochaine, les banques centrales devraient prendre des décisions importantes : la BCE et la Banque du Canada devraient baisser les taux, tandis que la Réserve fédérale américaine devrait maintenir ses taux stables.

Chart: The Trump effect - higher policy uncertainty across the board.

Macroéconomie mondiale
Protectionnisme ou pragmatisme : Que choisira Donald Trump ?

L’incertitude politique mondiale est en hausse. Depuis la prise de pouvoir de Donald Trump en novembre, l’incertitude entourant la politique économique mondiale s’est amplifiée en raison du caractère imprévisible de son leadership et de ses priorités politiques changeantes. Son administration s’est engagée à remanier les accords commerciaux, à repenser les alliances clés et à adopter une position plus agressive dans les négociations économiques. Par conséquent, les marchés restent sur leurs gardes. Pour les investisseurs, cela se traduit par l’installation d’un climat permanent de volatilité accrue et de changements de politiques intempestifs. L’Europe, dont les deux principales puissances économiques sont dépourvues d’un gouvernement majoritaire et connaissent une incertitude politique historique, se retrouve coincée entre les États-Unis et la Chine. Donald Trump devrait favoriser une politique de protectionnisme commerciale et de nationalisme économique, mais il reste à savoir dans quelle mesure ce sera le cas.

Une approche plus mesurée concernant les tarifs douaniers ? Les récents titres du Washington Post et du Wall Street Journal, ainsi que la conversation téléphonique entre Donald Trump et Xi Jinping, suggèrent que la nouvelle administration pourrait adopter une approche plus progressive des tarifs douaniers que ce qui était prévu à l’origine. Bien que l’incertitude demeure, la situation reste conforme à notre aperçu présidentiel de juillet. Nous y anticipions que la politique de Donald Trump pourrait ne pas être aussi agressive que les marchés l’avaient anticipé. En l’absence de catalyseurs immédiats pour provoquer un éloignement majeur du dollar, l’épuisement pourrait s’installer, surtout si la position politique de Donald Trump et la pause attendue de la Fed sont déjà pleinement intégrées dans le marché.

Les marchés réagissent aux informations sur les tarifs douaniers. L’euro a bondi face au dollar américain, et a enregistré sa meilleure journée de l’année jusqu’à présent. Cette hausse s’explique par des rapports selon lesquels Donald Trump, lors de son premier jour au pouvoir, attendrait pour imposer les tarifs douaniers. Cela suggère que la hausse des tarifs douaniers pourrait être votée par le Congrès plutôt qu’imposée par des décrets exécutifs, ce qui apaiserait les inquiétudes immédiates du marché. Cependant, Donald Trump a clairement indiqué qu’il n’abandonnerait pas complètement ses projets protectionnistes. Le président prévoit d’imposer un tarif douanier de 25 % au Canada et au Mexique à compter du 1er février, ce qui a déclenché une réaction volatile du CAD et du MXN.

Les PMI positifs en Europe. L’indice PMI composite de la zone euro est passé de 49,6 à 50,2, soit plus que prévu. L’indice PMI du Royaume-Uni a quant à lui atteint 50,9 (contre une prévision de 50,1), marquant ainsi deux années consécutives de croissance mensuelle de l’activité du secteur privé. Une amélioration en Europe ?

Quelle récession ? Ces deux dernières années, les États-Unis affichaient des signes de récession. La courbe des taux en dents de scie, les hausses agressives des taux de la Fed, le resserrement des conditions de crédit et les probabilités élevées de récession dans les modèles économiques sont autant de signes d’un ralentissement imminent. Pourtant, l’économie américaine a fait preuve d’une résilience remarquable, et a défié les prévisions de ralentissement en affichant une croissance supérieure à la tendance. Au lieu de se contracter, le PIB a continué de croître à un rythme soutenu. Le marché du travail est resté robuste, de même que les dépenses de consommation. Le risque d’un ralentissement demeure, mais l’échéance a été repoussée.

Dans la zone euro, on ne s’attend pas à des miracles. Le sentiment des investisseurs à l’égard de l’économie européenne est extrêmement négatif. Les craintes de récession, les faibles perspectives de croissance et les risques géopolitiques persistants constituent le discours dominant. Cependant, ce pessimisme se reflète déjà en majeure dans les prix des actifs. Difficile, dans ce contexte, de s’attendre à de bonnes surprises. Ces attentes asymétriques signifient que toute bonne surprise dans les données économiques pourrait causer une réaction disproportionnée du marché cette année.

Des salaires en hausse, un marché du travail en baisse. Au cours des trois mois précédant novembre, la croissance des salaires au Royaume-Uni a atteint son plus haut niveau depuis six mois. Cependant, contrairement aux attentes, le taux de chômage a atteint 4,4 %. Le pays a également connu la plus forte baisse des chiffres de la masse salariale depuis novembre 2020, marquant un ralentissement potentiel du marché du travail. La hausse des salaires a incité les traders à réduire légèrement leurs attentes en matière de taux. Cependant, une baisse des taux de la BoE début février semble inévitable.

Chart: US still leads, but have UK and EZ turned a corner?

Perspectives sur le marché des changes
L’histoire se répéterait-elle ?

USD L’histoire nous donne un avertissement. Le dollar a chuté en 2017 au cours de la première année de mandat de Donald Trump, après une forte hausse en 2016. La première semaine de Trump en tant que président constitue un signal d’avertissement selon lequel l’histoire pourrait se répéter. Le dollar américain devrait enregistrer sa pire baisse hebdomadaire (-2 %) en cinq mois. En effet, la pression à la vente s’est intensifiée après que Trump a déclaré qu’il préférait ne pas imposer de tarifs douaniers à la Chine et que la Fed devait réduire ses taux d’intérêt. Même si les différentiels de taux d’intérêt devraient agir comme un frein à la baisse du dollar, les changements de sentiment et les baisses pourraient annuler cela. En effet, les fonds spéculatifs et les grands spéculateurs détiennent les plus grandes positions longues en dollars depuis 2019. De plus, le dollar commence à paraître très fort, car ajusté aux différentiels d’inflation, il est revenu au niveau de 1985. Donald Trump pourrait donc essayer de trouver un moyen de convaincre ses partenaires commerciaux à renforcer leurs devises sous la menace de tarifs douaniers. Pour l’instant, toutefois, l’exceptionnalisme américain reste le discours dominant, la menace des tarifs douaniers continue de planer et nous doutons que ce soit la Fed qui fasse baisser considérablement le dollar lors de sa prochaine réunion. En revanche, Donald Trump le pourrait.

EUR La lumière au bout du tunnel. Les appels à une parité entre l’EUR et l’USD s’évaporent lentement, car l’euro bénéficie d’une vague de bonnes nouvelles au cours de la semaine dernière. La paire EUR/USD se prépare à enregistrer sa plus forte hausse hebdomadaire (environ 2 %) depuis plus d’un an. Elle approche du seuil des 1,05 $, son record depuis cinq semaines. Les propos plus mesurés de Donald Trump sur les tarifs douaniers, associés à une augmentation surprise de l’activité économique du secteur privé dans la zone euro, ont aidé la monnaie unique à poursuivre sa remontée depuis qu’elle a atteint son plus bas niveau depuis 2 ans plus tôt ce mois-ci. La prime de risque intégrée dans l’euro s’est donc réduite. Cela dit, compte tenu de l’incertitude persistante concernant l’hostilité commerciale de Trump à l’égard de l’UE, la dynamique à la hausse pourrait s’essouffler à partir de maintenant. Les principales pressions, comme la détérioration des perspectives de croissance et de la trajectoire de la politique monétaire, pourraient se réaffirmer et peser sur l’euro dans les semaines à venir. La barre des 1,02 $ apparaît comme un plancher solide. La BCE devrait réduire ses taux au cours de la semaine à venir. Nous estimons qu’au moins trois autres baisses seront appliquées d’ici la fin de l’année.

Chart: Pound and euro hope history repeats.

GBP Performances en demi-teinte. La paire GBP/USD est en hausse de presque 2 % sur la semaine, mais reste bloquée en raison d’une tendance baissière. La paire se négocie à près de quatre cents en dessous de ses moyennes mobiles sur 100 et 200 jours. La livre sterling a profité de la faiblesse généralisée du dollar, mais les données PMI plus avantageuses que prévu pour le Royaume-Uni rappellent également qu’il ne faut pas complètement rejeter l’économie britannique ni la livre sterling. La paire GBP/USD se négocie environ 7,5 % en dessous de sa moyenne sur 10 ans, à près de 1,32 $, qui correspond au niveau où les différentiels de taux entre le Royaume-Uni et les États-Unis suggèrent que la paire devrait se négocier. Autrement dit, que le potentiel de hausse pourrait commencer à diminuer. En raison de la hausse récente de l’appétit pour le risque à l’échelle mondiale, dans un contexte d’ambiguïté sur les projets de Donald Trump concernant les tarifs douaniers, la demande pour les devises perçues comme risquées a augmenté. La livre sterling s’est donc appréciée par rapport aux valeurs refuges habituelles (USD, JPY et CHF). Cependant, les devises à bêta plus élevé (NOK, SEK, AUD et NZD, par exemple) ont toutes surperformé la livre sterling au cours de la semaine. La paire GBP/EUR, en baisse de 2 % cette année, continue de se négocier près de son plus bas niveau depuis 5 mois (1,18 €) après avoir plongé en dessous de ses moyennes mobiles quotidiennes clés ce mois-ci. Nous sommes sceptiques quant à savoir si la tendance à la baisse se poursuivra, à moins que l’écart entre les paris de réduction des taux de la BCE et ceux de la BoE ne se réduise.

CHF  Une orientation ultra-accommodante. Le franc suisse a reculé face à l’euro, mais s’est apprécié par rapport au dollar au cours de la semaine dernière. La monnaie a subi une pression à la vente (tout comme d’autres actifs refuges) alors que le sentiment de risque mondial s’est amélioré en raison du manque de clarté sur les tarifs douaniers de l’administration Trump. Les ventes de CHF ont également augmenté après que le président de la BNS, Martin Schlegel, a réitéré sa position selon laquelle les décideurs politiques ramèneront les coûts d’emprunt en dessous de zéro si les circonstances l’exigent. Ses orientations de politique monétaire ultra-accommodantes ont été soutenues par des risques d’inflation inférieurs à l’objectif de la BNS. Des données récentes ont montré que les prix à la production et à l’importation de la Suisse ont chuté de 0,9 % en glissement annuel en décembre 2024, contre une baisse de 1,5 % le mois précédent. Il s’agit du vingtième mois de baisse consécutif, mais du plus faible depuis octobre 2023. La tolérance de la BNS à un renforcement supplémentaire du franc pourrait devenir de plus en plus discutable dans un contexte de désinflation en Suisse.

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