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Une semaine riche en annonces liées aux politiques

Cette semaine, les banques centrales se sont retrouvées sous les projecteurs. Les marchés, eux, ont dû prendre en compte les risques liés à l’inflation, les décisions concernant les taux ainsi que les politiques divergentes. Les marchés des changes (Fed, BoE et BoJ, entre autres) ont réagi. Le dollar, quant à lui, a été quelque peu…

Convera Weekly FX Report
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Written by: Steven DooleyGeorge VesseyKevin FordAntonio RuggieroShier Lee Lim
The Market Insights Team

Comptes-rendus des banques centrales. C’est une semaine riche en décisions liées aux politiques qui prend fin, et les risques d’inflation sont de nouveau sur le devant de la scène. Les banques centrales majeures doivent prendre des décisions, alors que les coûts de l’énergie sont plus élevés, que le climat géopolitique reste incertain et que la croissance demeure fragile.

Des banques bellicistes… La Fed a décidé, à l’unanimité, d’augmenter ses taux de 25 points de base afin de renforcer sa lutte contre l’inflation. Par ailleurs, les rendements obligataires et le dollar ont également augmenté, les marchés réévaluant la possibilité d’un resserrement supplémentaire.

La BoE maintient ses taux inchangés. La Banque d’Angleterre maintient ses taux inchangés, mais a mis un terme aux ventes de gilts à long terme. Cela permet de lâcher du lest à long terme, car les décisionnaires doivent équilibrer les risques liés à l’inflation dans un contexte de croissance faible.

…et d’autres accommodantes. La BoJ a procédé a une hausse accommodante qui a fragilisé le yen. Deux décisionnaires se sont opposés à cette hausse, et la banque centrale ne semble pas très encline à resserrer davantage sa politique. Cette semaine, la paire USD/JPY a augmenté de plus de 2 %.

Le prix du pétrole baisse. En fin de semaine, les prix de l’énergie ont quelque peu baissé. En effet, la situation diplomatique est observée de près, car les marchés attendent d’en savoir plus sur la stratégie des États-Unis au Moyen-Orient concernant le conflit toujours en cours.

Le dollar en forme. Le marché des changes est toujours largement influencé par les politiques divergentes, ce qui a permis au dollar d’atteindre sont plus haut niveau depuis sept semaines. Cependant, le billet vert a été quelque peu coupé dans son élan en raison de la baisse des prix du pétrole.

Table: G10 central bank policy tracker

Macro mondiale

L’inflation, toujours soutenue, divise les banques centrales

La Fed augmente ses taux. Comme prévu, la Fed a augmenté, suite à une décision unanime, ses taux de 25 points de base (passant donc de 3,75 à 4,00 %). Il s’agit de la première hausse depuis 2023. Selon les prévisions, 16 décisionnaires sur 18 s’attendent à au moins une hausse supplémentaire avant la fin de l’année.

La Banque d’Angleterre tient bon. La Banque d’Angleterre a maintenu ses taux inchangés (3,75 %). Cependant, le vote a été divisé (6-3), trois décisionnaires étant donc en faveur d’une hausse. Outre-Manche, l’inflation est passée de 2,9 à 3,1 % en glissement annuel. La Banque centrale britannique indique qu’une pression prolongée concernant les prix de l’énergie pourrait faire passer l’inflation au-dessus de la barre des 4 % début 2027.

La Banque du Japon augmente ses taux. La BoJ a augmenté son taux directeur de 25 bp (à 1,25 %) à l’issue d’un vote divisé. Ces divergences pourraient compliquer la tâche du conseil d’administration pour parvenir à un consensus sur une nouvelle hausse cette année. Par conséquent, le yen a reculé.

Demande aux États-Unis. En août, les ventes au détail ont augmenté de 1,2 % en glissement mensuel (contre une prévision de 0,8 %), tandis que les ventes (hors secteur automobile) ont bondi de 1,4 %, soit plus du double du chiffre estimé. Les prix à l’importation sont eux aussi en hausse de 0,7 % (contre une prévision de 0,2 %), ce qui alimente les inquiétudes de la Fed en ce qui concerne la forte demande et la pression constante sur les prix.

Légère baisse au Canada. Comme prévu, l’inflation canadienne est restée inchangée (3,0 %) en glissement annuel. Les prix ont quant a eux reculé de 0,1 % en glissement mensuel. Les mesures « trim » et « médiane » de la Banque du Canada sont restées proches de 2,0 %. Toutefois, le nombre de mises en chantier en août s’est établi à 229 000, contre 240 000 attendus, ce qui vient renforcer les signes indiquant que l’activité économique nationale perd de son élan.

La Chine recule. En Chine, les ventes au détail ont ralenti pour atteindre 0,4 % en glissement annuel (contre une prévision de 0,8 %), après avoir enregistré 0,6 % précédemment. Ce chiffre s’explique par une baisse des dépenses consacrées aux automobiles, aux biens immobiliers et aux bijoux. Malgré la pression inflationniste plus générale exercée par le coût de l’énergie et des matières premières, le problème de croissance de la Chine reste principalement la faible demande intérieure.

Chart: Market rate expectations point to more hiking

Perspectives sur le marché des changes

Des taux au pétrole

USD Le dollar reprend de la vigueur. L’indice du dollar américain a progressé d’un peu plus de 1 % cette semaine, ce qui a redonné un peu de dynamisme à un mois de septembre jusque-là morose. Cette évolution s’explique principalement par la réunion de la Réserve fédérale, qui s’est soldée par une décision belliciste et a abouti à une hausse unanime des taux de 25 points de base. Les partisans d’une hausse du dollar ont été encouragés non seulement par la hausse des taux elle-même, mais aussi par l’absence de dissidence, ce qui a contribué à restaurer en partie la crédibilité de la Fed à un moment où cette institution fait l’objet d’une surveillance de plus en plus étroite. À partir de là, les perspectives sont moins claires. Les traders bellicistes font valoir qu’une seule hausse n’a qu’une valeur limitée si elle n’est pas suivie d’autres mesures de resserrement, tandis que les experts accommodants invoquent une baisse potentielle des cours du pétrole pour justifier la nécessité de faire preuve de patience. Autrement dit, l’évolution à court terme du dollar dépendra probablement des actualités sur le plan géopolitique. La réunion prévue la semaine prochaine entre les dirigeants des six États du Golfe et le président américain Donald Trump est un événement majeur attendu de pied ferme. Si cela devait soutenir les efforts de désescalade, nous pensons que le DXY aura du mal à franchir durablement la barre des 100,50 à court terme.

EUR L’euro tient bon. La paire EUR/USD aborde le week-end en recul d’environ 1 %, trouvant un soutien aux alentours de 1,1450. Il convient par ailleurs de noter que, depuis le plus bas atteint en juin (1,1325), la paire n’a cessé d’enregistrer des plus bas de plus en plus élevés, ce qui suggère que la tendance haussière générale reste intacte, même si elle a quelque peu souffert. En effet, malgré la hausse des taux décidée cette semaine par la Réserve fédérale et les signaux laissant entrevoir de nouveaux resserrements monétaires, le sentiment sur la paire EUR/USD ne s’est pas sensiblement détérioré. Les marchés d’options en tiennent compte, les investisseurs ne manifestant guère plus d’intérêt pour se protéger contre la faiblesse de l’euro qu’au début du mois. Cela s’explique peut-être par le fait que la position restrictive de la Fed est déjà largement anticipée par les marchés, ce qui rend plus difficile toute nouvelle surprise à la hausse de la part de la politique monétaire américaine. En conséquence, nous prévoyons que la paire EUR/USD se stabilise au-dessus de 1,1450 dans les prochains jours, avec une marge de progression supplémentaire en fonction des résultats de la réunion de la semaine prochaine entre les dirigeants des pays du Golfe.

Chart: No fresh damage to EUR/USD sentiment despite Fed hike

GBP La livre perd pied. La livre sterling a connu une semaine difficile, les taux d’intérêt mondiaux et le sentiment de risque restant des facteurs déterminants, tandis que les données nationales ont accentué le dilemme de la Banque d’Angleterre en matière de politique monétaire. Les données publiées au Royaume-Uni ont confirmé la tendance habituelle, caractérisée par un ralentissement de l’activité économique et une inflation persistante alimentée par les prix de l’énergie, tandis que la Banque d’Angleterre a maintenu ses taux à 3,75 %, comme prévu. Il est important de noter que les marchés avaient développé une forte tendance à la hausse à l’approche de la réunion, ce qui explique la chute de la livre sterling qui s’en est suivie. Pour autant, les marchés continuent de tabler sur un resserrement significatif à plus long terme, ce qui rend la livre sterling plus vulnérable au cas où les décideurs politiques finiraient par se montrer moins fermes que prévu. Techniquement parlant, la situation s’est détériorée. À la suite de la décision restrictive de la Fed, la paire GBP/USD a franchi de manière décisive un ensemble de moyennes mobiles quotidiennes clés situées dans la fourchette basse des 1,34, ouvrant ainsi la voie vers la moyenne mobile sur 100 semaines, située dans la fourchette basse des 1,32, un risque baissier que nous avions signalé en début de semaine. La paire GBP/EUR a également reculé vers la limite inférieure de la fourchette des 1,16, après avoir peiné à trouver un élan autour de sa moyenne mobile sur 100 semaines dans les niveaux supérieurs. Dans l’ensemble, la livre sterling aborde la semaine prochaine avec un élan qui s’affaiblit et des anticipations de taux qui semblent de plus en plus exagérées, ce qui fait des conditions de risque mondiales et d’une éventuelle réévaluation de la Banque d’Angleterre dans un esprit accommodant les principaux risques baissiers.

CHF Nouveaux plus bas de 2026. Le franc suisse reste sous pression, la paire USD/CHF ayant progressé de près de 1 % cette semaine à la suite de la hausse des taux de la Fed, qui a adopté un ton belliciste. La divergence des taux reste le principal facteur déterminant, la corrélation entre le franc suisse et les écarts de rendement s’étant nettement renforcée après plusieurs années de décalage relatif. Alors que la BNS maintient son taux directeur à zéro et que la faible volatilité soutient la demande de carry trade, le désavantage du franc en termes de rendement s’avère difficile à ignorer. La paire USD/CHF s’échange autour de 0,824, proche des plus hauts de 2026 et en hausse d’environ 4 % depuis le début de l’année, ce qui met en évidence la sous-performance du franc face au dollar. La paire EUR/CHF poursuit également sa hausse autour de 0,946, son plus haut niveau de 2026, soit plus de 5 % au-dessus de son plus bas de mars, proche de 0,901. Pour l’instant, les écarts de taux continuent de l’emporter sur l’attrait traditionnel du franc suisse en tant que valeur refuge.